Comment peut-on être catalan ?

DE NOMBREUSES DIFFICULTÉS SUBSISTENT.


Pourtant, la situation du catalan n'est pas idyllique. Des progrès indéniables ne doivent cacher que, l'enseignement en progression régulière ne peut encore compenser le grave déficit de la non-transmission de la langue dans les familles. Si le catalan comme langue d'enseignement et surtout comme langue d'écriture et de lecture est en progrès, la connaissance et l'utilisation du catalan par l'ensemble de la population sont en diminution constante.
Le maintien des cours de langue catalane dans l'enseignement public est le fruit d'un combat de chaque jour. A la moindre négligence, à la moindre inattention le cours est supprimé ou l'horaire diminué. La rentrée 98 a été à cet égard catastrophique (-20%). Les filières bilingues, bien qu'encore imparfaites dans la répartition des enseignements entre les deux langues catalan et français, se voient accusées par certains professeurs, de discrimination sous prétexte qu'on y requiert la connaissance du catalan, mais font aussi l'objet de bien des convoitises (et souvent par ceux-là mêmes qui accusent) à cause du bon niveau des élèves (100% de réussite au bac en 98) Bien des réticences institutionnelles demeurent et ralentissent le processus de mise en place. Si celles des syndicats semblent en voie d'élimination, il est encore tres difficile de créer des filières bilingues correctes et dignes de ce nom. Sauf à de très rares exceptions, on ne peut parler à Catalunya-Nord, que de filières à tendances bilingues.
Enfin, les écoles catalanes dénoncées à leur création comme des lieux " où l'ont formerait des hordes d'analphabètes ", sont aujourd'hui accusées et souvent par les détracteurs d'antan, d'élitisme, à cause justement des excellents résultats qui sont obtenus. Accusation inique puisque les écoles catalanes sont ouvertes à tous, sans séléction par les notes ni par une forte participation financière des parents.
Ces bons résultats sont le fruit du travail acharné de militants et ont été très souvent obtenus contre, ou malgré l'opposition des instances politiques ou syndicales. Les aides, et supports divers, non négligeables de certains politiques ont toujours été le fait d'initiatives personnelles, le plus souvent contre l'avis même des instances de leurs propres partis.
Il est encore aujourd'hui des politiques pour manifester un anti-catalanisme viscéral. Certains allant jusqu'à se flatter en public de jeter au panier tout écrit qui leur est adressé en langue catalane, ce qu'ils ne font sans doute jamais pour aucune autre langue. Cet esprit d'apartheid culturel est dû surtout au très lent renouvellement de notre classe politique. Fort heureusement dans chaque parti républicain les nouvelles générations ont l'air beaucoup plus ouvertes et comprennent beaucoup mieux le fait catalan que les précédentes. Le temps devrait résoudre ce dernier problème.
Enfin aujourd'hui une nouvelle menace plane sur l'identité catalane, c'est d'une part l'imposition à grand renfort de subventions de la dénomination " Pays d'Oc " pour baptiser des vins catalans. La vidéo de promotion des vins de Pays d'Oc commence par la phrase " Les Pays d'Oc s'étendent du Rhône à la frontière espagnole... ". D'autre part, la dénomination " Pays " que l'on veut absolument appliquer sans respecter les délimitations historico - géographiques en usage. Alors qu'en Pays Basque la dénomination " Pays " vient remplacer la crétion d'un département Pays Basque, en Pays Catalan au contraire tout semble fait pour utiliser "pays " hors de son sens traditionnel et précipiter ainsi notre aculturation.