Comment peut-on être catalan ?

TOURISME " IDENTITAIRE ", L'EXEMPLE BRETON

En Bretagne non seulement les rues de la plupart des grandes villes ont été rebaptisées en breton, mais la signalisation elle même a été " bretonnisée " . Jusqu'aux commerçants qui sont fortement encouragés à rédiger leurs enseignes en breton. Cela fait partie d'une vaste campagne menée par les conseils généraux et régionaux bretons pour affirmer leur atout culturel, dans un souci de promotion d'un tourisme " identitaire "
Depuis que Jean-Yves Cozan, le maire d'Ouessant, est vice-président du conseil régional chargé de la Culture, le budget culturel a doublé. Au-delà de la traditionnelle protection du patrimoine, c'est véritablement une nouvelle politique de défense de la langue et de la culture bretonnes qui a été lancée. Parallèlement, le conseil municipal de Rennes a mis en place une commission de défense du patrimoine, de la langue et de la culture bretonnes. Nous aimerions pouvoir en dire autant de nos propres élus. Si la Bretagne ne jouit pas de tous les atouts naturels touristiques que nous possédons, elle n'en présente pas moins aujourd'hui un bilan touristique excédentaire. Ici, la promotion d'un tourisme fondé sur les seuls soleil, sable et mer totalement dépersonnalisés et en perte de vitesse partout, nous condamne à présenter chaque année un bilan plus médiocre que la précédente. Une campagne de l'ancienne équipe du Conseil Général, nous présentait même comme un succédané de hauts lieux touristiques " Corfou ? non, Pyrénées Roussillon ". Un Corfou des pauvres en quelque sorte. Peut-on se dévaloriser davantage ?
Le tourisme hivernal de l'Alta Cerdanya ne pourrait vivre aujourd'hui sans l'importante clientèle catalanophone venue de tout le Principat de Catalunya. Quel résultat sur le terrain? Aucune signalisation en catalan, et les quelques dépliants distribués ne sont même pas traduits dans notre langue. En serait il ainsi si cette clientèle était anglophone ou germanophone ? Rien n'est fait pour démontrer que venir skier ici, c'est aussi skier en territoire catalan et ainsi fidéliser une clientèle. Sous la mention Catalunya-Nord, les journaux catalans du Principat indiquent les enneigements de nos stations, qui pourtant sont les concurrentes de celles du Principat. Ce geste n'est dû qu'aux liens affectifs, culturels et historiques qui nous unissent, et surtout au résultat du travail de toutes les composantes du mouvement catalan. Nous ne pouvons plus négliger un tel atout. Surtout depuis l'ouverture du tunnel du Pimorent, qui facilite l'accès à toutes les pistes de l'Ariège. Espérons que les Accords de Font-Romeu signés dernièrement entre les communes de l'Alta et de la Baixa Cerdanya, et l'acte courageux du maire d'Eina (soutenu par le maire des Angles) de dénoncer le Traité des Pyrénées, vont rapidement corriger ces lacunes.
Enfin, rappelons que chaque été les animations signalées, annoncées et présentées uniquement en catalan de la Baixa-Cerdanya attirent toujours deux à trois fois plus de touristes français que les animations utilisant exclusivement la langue française de l'Alta Cerdanya ; que les prospectus en catalan du festival photographique VISA sont ceux qui sont chaque année les plus demandé; que lorsqu'un visiteur de ce même festival écrit sur le livre d'or, une fois sur huit il le fait en catalan et que l'affiche en catalan de l'exposition " Gauguin, Matisse, Montfreid " au Palais des Congrès a été la plus vendue aux touristes de passage. Atout majeur de l'authenticité.